GEPI

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Nouveaux arrivants dans l’équipe Physique stellaire et galactique

Plusieurs départs ont eu lieu ces derniers mois : Bertand de Batz et Coralie Neiner ont intégré le LESIA, Frédéric Meynadier a obtenu un poste d’Ingénieur de Recherche au SYRTE et Michael Weiler, à la fin de son contrat, a rejoint l’équipe de l’Université de Barcelone travaillant sur Gaia. De nouvelles têtes font leur apparition dans l’équipe Physique stellaire et galactique et assurent la relève : Panagiotis Gavras, Yannick Boissel, Paola Di Matteo, Séverine Raimond, Lilia Solovyeva et Rosine Lallement (de gauche à droite sur la photo). Chacun d’eux présente son parcours.

 Yannick Boissel

Fraîchement docteur, j’ai soutenu ma thèse le 13 décembre 2010, effectuée au LESIA, sur un sujet alliant planétologie et physique stellaire : l’exploration des confins de notre système solaire par occultations stellaires.

Je pars aujourd’hui explorer la Galaxie dans l’équipe Physique Stellaire et Galactique, en tant que Post-doc. Je travaille sur le projet RTIGE de simulation 3D temps réel de notre Galaxie, de ses structures et des objets dont elle est peuplée. Ce travail a un but pédagogique et scientifique : les fruits de ce travail seront utilisés dans le cadre de la vulgarisation auprès du grand public, de l’enseignement et de conférences de chercheurs. Beaucoup des méthodes que je vais développer pourront également être utilisées par Gaia, et les données Gaia viendront enrichir ces simulations.


 Paola Di Matteo

Quand on m’a demandé de me présenter pour mettre à jour la page des nouveaux arrivants au GEPI, j’ai souri. Cela n’est pas évident de se présenter à des gens qu’on connaît déjà depuis quelques années. Mais le GEPI est un gros laboratoire, après 3 ans passées ici je n’ai pas encore terminé de connaître toutes les personnes qui y travaillent, donc voici un petit résumé de ma vie, pour ceux qui ne la connaissent pas encore.

Je suis née à Rome, il y a quelques années déjà, où j’ai fait toutes mes études : un baccalauréat en lettres classiques, un DEA en mathématiques, et un doctorat en astronomie. J’ai soutenu ma thèse en 2005, à l’université de Rome La Sapienza, sous la direction de Roberto Capuzzo Dolcetta. On dit toujours qu’on n’oublie jamais son premier amour et c’est le cas pour moi de mon sujet de thèse : l’étude des amas globulaires sujets au champ de marée galactique. À l’aide de simulations à N-corps, j’ai étudié la formation, la morphologie et les propriétés cinématiques des queues de marées qui se forment autour des amas en orbite autour de la galaxie hôte. Pendant les années de ma thèse, on commençait à découvrir les premières, spectaculaires, queues de marée autour d’amas galactiques (voici un press release de la découverte des queues de marée autour de Palomar 5). Ces résultats ont contribué largement à mon enthousiasme pour le sujet.

Après ma thèse, je suis arrivée en France, avec une bourse post-doctorale au LERMA, Observatoire de Paris, pour travailler avec Françoise Combes et ses collaborateurs, sur un projet pour moi, à l’époque, complètement nouveau : l’étude des fusions et des interactions des galaxies. Ce projet, qui sur le papier devait durer un an, se poursuit encore ! Au cours des années au LERMA, et ensuite au GEPI avec Matthew Lehnert, j’ai réalisé un millier de simulations à N-corps de galaxies en interaction (pour ceux qui sont intéressés, voir le Projet GalMer, dont je suis PI). Ces simulations nous ont permis d’apprendre beaucoup sur l’évolution des galaxies lors d’une interaction avec un compagnon : flambées de formation stellaire, évolution du contenu en métaux, redistribution du moment angulaire, etc... Tous ces processus concernent aussi notre Galaxie, et on voudrait comprendre comment ses différentes composantes (bulbe, disque mince, disque épais, halo(s)) se sont structurées, et dans quelle mesure chacun de ces processus a contribué à façonner les propriétés qu’on leur observe aujourd’hui. Encore une fois, les simulations numériques représentent un atout fondamental pour discriminer entre les différents scénarios évolutifs et pour interpréter les observations. C’est le sens de mon nouveau postdoc, qui vient de démarrer au sein de l’équipe Physique Stellaire et Galactique du GEPI, et qui est financé par l’ANR GalHis (PI : Annie Robin, Observatoire de Besançon). En collaboration avec Frédéric Arenou, Carine Babusiaux, Ana Gómez, Misha Haywood, David Katz et Frédéric Royer, je travaille à la modélisation de la structuration de la Voie Lactée, avec les yeux pointés sur Gaia, qui va bientôt révolutionner notre connaissance de la galaxie que nous habitons.


 Panagiotis Gavras (Παναγιώτης Γαβράς)

Enfant, j’ai toujours passé mes vacances d’été dans un petit village de l’archipel des Cyclades (Grèce), loin de la pollution lumineuse. J’ai donc développé ma passion pour l’astronomie et à l’âge de 10 ans je savais ce que je voulais faire de ma vie. Après un diplôme en physique et une maîtrise en astronomie à l’Université d’Athènes, j’ai décidé de suivre une carrière en astronomie. Ainsi, après avoir accompli mon service militaire, j’ai commencé mon doctorat à l’Observatoire national d’Athènes et l’Université d’Athènes avec le Dr Dimitri Sinachopoulos comme directeur de thèse.

Mon sujet de thèse traitait des binaires visuelles à très longue période, tels que les binaires à mouvement propre commun. J’ai essayé de répondre à des questions comme : pourquoi en connaissons nous si peu ? Peut-on améliorer le processus d’identification ? J’ai aussi effectué des observations CCD de binaires visuelles. Parallèlement à ma thèse soutenue en décembre 2010, j’ai travaillé pour Gaia et j’étais membre de la « Development Unit 470 » dans la « Coordination Unit 4 », qui étudie les objets étendus de Gaia.

Me voici donc à l’Observatoire de Paris avec mon premier contrat professionnel pour travailler avec Frédéric Arenou pour la DU439, le combinateur de solutions pour les étoiles multiples. Mon travail consiste à poursuivre le développement du logiciel qui combine les solutions venant des autres DU.


 Rosine Lallement

Je suis la « senior » du groupe de nouveaux. Après de très nombreuses années au Service d’Aéronomie (devenu LATMOS), laboratoire dédié surtout aux atmosphères terrestre et planétaires, j’ai voulu me rapprocher d’un laboratoire « 100% astrophysique ». Au LATMOS j’ai travaillé sur l’interface entre le soleil et son environnement gazeux galactique. Ce faisant, j’ai depuis toujours associé le volet « héliosphérique » avec surtout des analyses d’observations spatiales, et le volet milieu interstellaire local à des échelles qui vont de 1 à quelques centaines de parsecs, avec observations sol et spatial. Le premier volet concernait donc le vent solaire, le gaz d’origine galactique dans l’héliosphère et les espèces mixtes dérivées de leur interaction.

C’est le second volet — l’étude du milieu interstellaire, de son état physique et de sa structure 3D, mais cette fois à plus grande échelle — que je souhaite poursuivre au GEPI. Pour cela, le contexte Gaia me paraît une étape importante et très prometteuse, et j’ai pensé que le meilleur moyen d’avancer l’était au sein de l’équipe Gaia elle-même, en combinant les aspects de spectroscopie stellaire et interstellaire. Mon souhait est que le milieu interstellaire en trois dimensions devienne un des axes du GEPI en appui aux études de la Galaxie et aux résultats de Gaia, en incluant possiblement dans le futur les interactions étoiles-gaz galactique.


 Séverine Raimond

Depuis toute petite, je suis passionnée d’astronomie et par l’observation du ciel nocturne. J’ai travaillé dans l’animation en astronomie, notamment pour la Ferme des Étoiles. Cependant mon véritable rêve est de travailler dans la recherche en astrophysique.

Après avoir obtenu un Master Astronomie/Astrophysique à l’Observatoire de Strasbourg, j’ai commencé une thèse au Laboratoire Atmosphères, Milieux et Observations Spatiales (LATMOS) sous la direction de Rosine Lallement. Je suis actuellement en 3e année de thèse et j’ai suivi Rosine qui a rejoint le GEPI en début d’année.

Le sujet de ma thèse concerne le milieu interstellaire local, local signifie ici un rayon d’environ 300 pc autour du Soleil ! En analysant les raies interstellaires en absorption d’un spectre stellaire, nous pouvons déterminer un certain nombre d’informations sur les nuages présents sur la ligne de visée jusqu’à l’étoile observée (la quantité d’absorbant sur la ligne de visée, la vitesse, la température des nuages). En observant un grand nombre de spectres et à l’aide d’un programme d’inversion, il est alors possible de reconstituer la distribution du gaz en 3 dimensions. Il est important de traiter le plus de spectres possibles car plus le nombre de lignes de visée est important, meilleur est le maillage. Ainsi l’analyse des raies interstellaires du doublet du NaI (resp. du CaII) a permis de construire un cube de données du gaz neutre (resp. ionisé) autour du Soleil, révélant une cavité pauvre en gaz dense nommée la « Bulle Locale ». Notre Soleil est « noyé » dans cette cavité qui s’étend sur un rayon d’environ 200 pc et qui est entourée par de gros nuages denses.


 Lilia Solovyeva (Лилия Соловьева)

De ce que je me souviens, j’ai toujours voulu comprendre notre Univers, les processus autour de nous et l’ingénierie qui nous permet d’étudier et améliorer notre vie. C’est pour cela que j’ai effectué mes études à l’Université d’État de Saint-Petersbourg, à la faculté de Physique, en étudiant la science pour les ingénieurs sur le sujet Planète Terre et Espace. La physique spatiale est bien développée en Russie, il y avait beaucoup de missions intéressantes et je me suis toujours intéressée à ce domaine. C’est pourquoi lors de mes études, j’ai effectué plusieurs stages concernant l’analyse et le traitement des données des satellites (Cluster, SOHO, TOMS) sur la physique liés à l’interaction Soleil-Terre.

Par la suite j’ai voulu étendre ma formation dans d’autre pays, j’ai choisi la France en raison des nombreuses relations entre la Russie et la France. J’ai effectué le cycle d’ingénieur à l’École Polytechnique à Palaiseau dans le cadre du Programme International. Après cela, j’ai commencé mes expériences professionnelles en France, au CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) où j’ai préparé mon Doctorat (sous la direction de Romain Teyssier et Jean-Luc Sauvageot). Dans le cadre de ce travail, j’ai développé la chaîne de traitement et d’analyse des données du satellite XMM-Newton (imagerie et spectres) et des simulations numériques. J’ai étudié les objets de l’Univers comme les amas de galaxies, leur nature et leur physique en utilisant des données en rayons X, visible et radio. J’ai participé aux collaborations internationales pour plusieurs projets concernant ce sujet.

J’ai obtenu mon diplôme de Doctorat à l’Université Paris 7 en 2009. Travaillant comme ingénieur de recherche au CEA, j’ai décidé de continuer cette route. C’est pourquoi j’ai ensuite commencé à travailler au Laboratoire de Météorologie Dynamique (Paris 7 et École Polytechnique) comme ingénieur R&D pour la mission Exomars, en particulier j’ai traité et analysé les données de simulations numériques de l’atmosphère de Mars.

En 2010 j’ai commencé mon travail au GEPI pour la future mission Gaia (satellite préparé par l’ESA, lancement prévu fin 2012) dans le groupe de la « Coordination Unit 6 » avec David Katz. La CU6 prépare la chaîne de traitement des données spectroscopiques en collaboration avec le CNES, et Mullard Space Science Laboratory. Je travaille comme l’ingénieur de recherche, je participe à la coordination entre des instituts, aux choix techniques et scientifiques, aux suivis des travaux, aux analyses et à la préparation des documentations et aux développement des tests.

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