GEPI

De la conception instrumentale
à l’exploitation des observables

Un arpentage de galaxies cartographie où la matière se cache

Une équipe internationale d’astronomes australiens, anglais, américains, sud-africains, français et japonais vient d’achever l’arpentage de galaxies le plus détaillé de l’univers proche, montrant non seulement où se trouvent les galaxies mais aussi d’où elles émergent, avec quelle rapidité et pourquoi. « C’est comme si on prenait une image instantanée de la faune sauvage d’une plaine africaine. Nous pouvons dire de quelle oasis elles proviennent, et à quelle vitesse elles voyagent » précise D Heath Jones, de l’observatoire anglo-australien (AAO) coordinateur du relevé Six-Degree Field Galaxy Survey (6dFGS).

  Sommaire  

Les galaxies sont liées les unes aux autres par la gravitation. En mesurant le mouvement des galaxies, les astronomes peuvent cartographier les forces gravitationnelles mises en jeu dans l’univers proche, et ainsi montrer comment la matière, visible ou non, y est distribuée. Les superamas de galaxies sont des concentrations géantes de masse, mais ceux-ci ne peuvent être « pesés » avec précision à partir de la seule lumière émise.

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La distribution dans l’espace d’environ 100 000 galaxies obtenues par l’arpentage 6dF. Chacune d’elle est représentée par un point, Notre Galaxie se trouve au centre de l’image. Source : Chris Fluke, Centre for Astrophysics and Supercomputing, Swinburne University of Technology.

Les résultats de cet arpentage ont été présentés le 1er avril 2009 au cours d’une conférence internationale en Malaisie par Matthew Colless, Directeur de l’observatoire Anglo-Australien (AAO). L’arpentage a été effectué avec le télescope de Schmidt de 1.20 m de Siding-Spring, en Nouvelle Galle du Sud (Australie). Plus étendu et plus profond que les relevés effectués à ce jour, il couvre une surface double de celui du Sloan Digital Sky Survey (SDSS), et a enregistré les positions de plus de 110 000 galaxies sur plus de 80% du ciel austral, jusqu’à une distance de 2 milliards d’années lumière de la Terre (soit un décalage vers le rouge de z= 0.15).

Le relevé montre des filaments et des amas de galaxies à de grandes échelles avec des détails inconnus jusque là, et met en évidence l’existence de plus de 500 « vides », régions de ciel dépourvues de galaxies. Le principal intérêt de ce sondage est de permettre aux astronomes de distinguer deux causes responsables du mouvement des galaxies. Bien que celles-ci soient soumises à la gravitation, elles suivent le mouvement d’expansion global de l’univers. Cependant, pour environ 10% des galaxies, les astronomes du 6dFGS vont s’intéresser aux deux composantes, la première associée à ce mouvement d’expansion, et l’autre représentant des mouvements particuliers des galaxies. Ces mouvements particuliers, dans le cadre de cet arpentage, concernent environ un échantillon de galaxies 5 fois plus important que tous les relevés antérieurs.

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Figure 2
La coupole du télescope de Schmidt avec lequel l’arpentage a été réalisé. Photo : Shaun Amy

 Référence

The 6dF Galaxy Survey : Final Data Release (DR3) and Southern Large Scale Structures

  • Jones D Heath.
  • Read Mike A.
  • Saunders Will.
  • Colless Matthew.
  • Jarrett Tom.
  • Parker Quentin.
  • Fairall Anthony.
  • Mauch Thomas.
  • Sadler Elaine.
  • Watson Fred.
  • Burton Donna.
  • Campbell Lachlan.
  • Cass Paul.
  • Croom Scott.
  • Dawe John.
  • Fiegert Kristin.
  • Frankcombe Leela.
  • Hartley Malcolm.
  • Huchra John.
  • James Dionne.
  • Kirby Emma.
  • Lahav Ofer.
  • Lucey John.
  • Mamon Gary.
  • Moore Lesa.
  • Peterson Bruce.
  • Prior Sayuri.
  • Proust Dominique.
  • Russell Ken.
  • Safouris Vicky.
  • Wakamatsu Ken-ichi.
  • Westra Eduard.
  • Williams Mary.
    2009, submitted to Monthly Notices of the Royal Astronomical Society

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